François-Xavier VAS , Responsable fiscaliste

“ Le fiscaliste doit être passionné par son métier et savoir jongler avec les priorités et donc les dossiers. ”

Avis déposé le 01/10/2012

Note globale : ★★★★

Intérêt du métier ★★★★

Diversité des missions ★★★★★

Perspectives d’évolution ★★★★★

Responsabilités ★★★★★

Equilibre vie pro / privée ★★★★★

Ma carrière :21 ans de fiscalité française et internationale majoritairement dans des groupes industriels et en cabinets d’avocats.

-Une première phase d’apprentissage

J’ai commencé à travailler en 1991 au sein du département fiscalité du groupe Delmas Vieljeux (transport maritime) racheté peu après mon arrivée par le groupe Bolloré technologies auxquel j’ai été rattaché. Mon activité à consisté durant les premiers 14 mois à rédiger des déclarations d’impôt de toute nature (intégration fiscale, vérification de liasses fiscales, taxe professionnelle) et donner des conseils au Corporate et aux opérationnels sur diverses questions (application des conventions fiscales internationales, tva impôt sur les sociétés, participation à la rédaction de clauses contractuelles fiscales, prise en charge de contrôles fiscaux d’envergure moyenne).

-Un renforcement des connaissances, de la technique fiscale et de l’autonomie

Dès le début de l’année 1994, j’ai intégré le groupe Pechiney (Aluminium, emballages, commerce international et activités industrielles diverses) pour prendre en charge un portefeuille de sociétés industrielles du Groupe. C’est au sein de la Direction fiscale de Pechiney que j’ai consolidé mes acquis et me suis perfectionné dans de nombreux domaines dont les contrôles fiscaux. J’ai également commencé à travailler en liaison avec  nos collègues américains entre autres la fiscalité internationale des projets de réorganisation et d’optimisation fiscale.

-Un virage vers la fiscalité internationale

Ayant intégré le groupe Sanofi Synthélabo à la fin de 1998, j’ai tenu un poste très largement tourné vers la fiscalité internationale en traitant de dossiers de M&A par exemple sur la zone Amérique Latine et Europe (incluant la France). J’ai commencé à m’impliquer sur des dossiers de contrôles fiscaux à l’étranger et des  dossiers de prix de transfert.

-Avocat

En 2000, j’ai intégré le cabinet Deloitte à Paris puis le cabinet Ernst & Young que j’ai quitté en 2003. Durant cette période j’ai eu à traiter des missions classiques d’avocat fiscaliste (revues fiscales, audits fiscaux d’acquisition, consultations). J’ai prêté serment en 2001 ayant l’équivalence de 8 années passées dans des directions fiscales.

-Un retour en entreprise industrielle

Dès 2003, considérant que mon profil était plus en adéquation avec le monde de l’entreprise que celui des « big 4 », j’ai rejoint la direction fiscale de la branche chimie (Atofina) du groupe Total où j’ai pu continuer à développer une expertise en fiscalité internationale (conventions fiscales, réorganisations internes, acquisitions cession …). J’ai aussi travaillé sur le spin-off (cotation en bourse) d’Atofina , devenue Arkema qui a consisté  à participer à certains aspects fiscaux de la cotation en bourse d’Arkema. Après celle-ci je fus très impliqué dans les opérations de réorganisation / simplification des structures du groupe (fusions, transfert de détention capitalistique) et de réflexion sur des sujets de financements structurés.

-Continuité et évolution chez Eramet

J’ai rejoint le groupe Eramet (industrie minière et métallurgique) en août 2008 où j’occupe le poste de responsable fiscal du groupe. A ce titre, je suis en charge, en liaison avec les conseils fiscaux, de la réflexion, de la validation et de la mise en place de la politique fiscale du groupe. Aujourd’hui, j’interviens sur tous les dossiers corporate et des branches (managanèse, nickel et alliages) intéressant le groupe (financements, acquisitions, investissements, projets de développements miniers à l’étranger, contrôles fiscaux en France et à l’étranger, discussions avec les autorités fiscales françaises et étrangères, prix de transfert, optimisation des flux commerciaux, R&D et fiscalité courante …).

A noter aussi que parallèlement à ces activités professionnelles, je fus chargé de TD en fiscalité pendant une dizaine d’années et que j’ai participé à l’organisation de formations en interne dans le(s) groupe(s) où j’ai (eu) le plaisir de travailler.

Ma formation :Obtention d’un master 1 en droit des affaires comprenant une matière de fiscalité et l’obtention d’un master 2 en fiscalité générale avec une option en fiscalité internationale. Diplômes d’anglais.

Attrait du métier :La réussite de la mission fiscale dans un groupe industriel nécessite une bonne appréhension de la culture du groupe et la mise en place d’un réseau de correspondants dans les différentes fonctions et entités. Le métier de fiscaliste est donc largement ouvert aux autres compétences présentes dans l’entreprise (comptabilité, commerce, droit, finance, ressources humaines, ingénieurs, etc.).

Une entreprise ou un groupe de sociétés font appel aux compétences d’un fiscaliste pour éviter les risques de redressements fiscaux dans le cadre de leur activité mais aussi parfois pour trouver des solutions juridiques qui leur permettent de payer moins d’impôts en toute légalité (optimisation fiscale).Il a aussi un rôle de conseil. Il éclaire les dirigeants sur les implications fiscales de leurs décisions : implantation dans un nouveau pays, fusion/acquisition… Mais dans le même temps, il doit veiller à ce que l’entreprise soit en conformité avec le droit et la jurisprudence fiscale pour limiter les risques de redressement. Enfin il assiste et défend les intérêts de l’entreprise en cas de contrôle fiscal.

Qualités requises pour réussir dans ce métier :Afin de mener à bien sa mission, le fiscaliste doit, à mon sens, être patient, tenace et humble, savoir faire valoir son point de vue et le défendre, imaginatif, technique, écouter et mettre en perspective ses analyses et recommandations dans un contexte global en tenant compte des nécessités des autres intervenants sur un dossier. Pour bien réussir, le fiscaliste doit être passionné par son métier et savoir jongler avec les priorités et donc les dossiers. Le fiscaliste doit toujours garder à l’esprit que son rôle est stratégique et que la matière sur laquelle il travaille est très importante et en constante évolution ce qui est une source de satisfaction intellectuelle.

Le fiscaliste a la chance de pratiquer un métier qui est au carrefour de plusieurs autres métiers tels que la finance, le droit, la comptabilité. Il peut avoir plusieurs caquettes : pompier, stratège, tacticien, communiquant, technicien, parfois éminence grise et trublion.

Conseil à donner aux candidats intéréssés par ce type de carrière :Conseils : commencer par connaître et pratiquer un système fiscal national pour ensuite faire de la fiscalité internationale afin de pouvoir traiter tout type de dossier. Traiter le maximum de sujets (intéressants, moins intéressants,  nobles moins nobles) variés et nouveaux, ne pas craindre la difficulté technique, ne pas hésiter à traiter des dossiers récurrents en changeant d’angle d’attaque. Etre le plus souple possible tout en faisant valoir son point de vue. Diplomatie indispensable. Anglais impératif.