Contrôleur de gestion : un marché tendu et régi par les candidats

Publié le 30/03/2023

« Les contrôleurs de gestion ont les moyens de bien négocier leurs salaires, avec des augmentations de 5% à 15% en moyenne » : nous avons fait l’état des lieux sur les recrutements en contrôle de gestion avec Sébastien Denis, Senior Practice Manager chez Michael Page.

« Les contrôleurs de gestion ont les moyens de bien négocier leurs salaires, avec des augmentations de 5% à 15% en moyenne » : nous avons fait l’état des lieux sur les recrutements en contrôle de gestion avec Sébastien Denis, Senior Practice Manager chez Michael Page.

Quelles sont les tendances de recrutement sur les métiers du contrôle de gestion ?

Elles sont excellentes. Ce sont des métiers très recherchés, à tous les niveaux. On constate des tensions aussi bien sur des fonctions avec 2 à 3 ans d’expérience que sur des postes de direction. Les besoins en contrôle de gestion s’expliquent par la nécessité de sécuriser la data financière et de créer de la bande passante entre la direction et les filiales opérationnelles des groupes. C’est un métier qui bénéficie de nombreuses créations de postes. Par exemple, la filiale d’un groupe qui se développe génère souvent le besoin de recruter un contrôleur de gestion pour bien comprendre l’activité opérationnelle de ses Business Units.

Quelles sont les entreprises qui recrutent le plus de contrôleurs de gestion ?

Les demandes les plus nombreuses sont pour des postes de contrôleur de gestion essentiellement dans les grands groupes mais aussi dans des groupes à taille humaine ou encore dans des ETI/PME (entreprises de taille intermédiaire) qui ont des filiales. Les entreprises multisites sont aussi largement pourvoyeurs de postes.

Est-ce que le métier de ce financier d’entreprise a changé ces dernières années ?

Oui, en effet. Au départ c’était un métier assez unitaire, focalisé sur le pilotage budgétaire et la réalisation des forecasts. Il a évolué dans sa transversalité en se recentrant sur le pilotage du cash et en s’inscrivant plus en interne dans une relation de business partnering. Le contrôleur de gestion ne produit plus seulement de l’information mais engage maintenant des actions. Un autre aspect de l’évolution du métier est la place du contrôleur de gestion dans les prises de décision de l’entreprise : il est très présent au niveau de la direction et l’accompagne dans ses choix.

Quels sont les profils les plus recherchés ?

Une très grande majorité des contrôleurs de gestion possèdent une formation Bac +5 de type Master. Certains démarrent leur carrière en audit externe chez un Big 4 et décident de prendre ensuite un poste de contrôleur de gestion après 3 à 4 années en audit. D’autres commencent d’emblée en entreprise sur des fonctions en contrôleur de gestion central, commercial, industriel ou opérationnel. Les entreprises expriment de plus en plus des besoins de contrôleurs de gestion avec de bonnes connaissances comptables. Les diplômes supérieurs en comptabilité (DCG/DFCG) sont particulièrement valorisés.

 Quelles sont les attentes des entreprises sur ce type de poste ?

Les soft skills sont très importantes. On préfère quelqu’un qui peut s’adapter rapidement, avec de bonnes qualités de communicant, et porteur de solutions à un profil qui se focalise uniquement sur la technique.

Est-ce qu’on assiste à une hausse des salaires sur ces métiers ?

Le marché est tendu et régi par les candidats. Les contrôleurs de gestion ont les moyens de bien négocier leurs salaires, avec des augmentations de 5% à 15% en moyenne. Un candidat avec une bonne technicité, une vision transversale de la fonction, capable de proposer des solutions et bon communicant peut voir son salaire grimper rapidement. En revanche, attention, le marché est déjà à son niveau de tension le plus haut. La rémunération ne doit pas être le seul critère d’appréciation du poste. Je conseille aux candidats de vérifier aussi si le projet qu’on leur propose est le plus adapté pour eux.

Est-ce que les contrôleurs de gestion rêvent tous de devenir DAF ?

Certains oui. Cette question se pose légitimement dans un moment critique de l’évolution professionnelle d’un contrôleur de gestion. Il peut prétendre à prendre en charge une direction financière après plusieurs années sur une fonction de responsable d’un département financier, controlling, FP&A par exemple. Mais ce parcours n’est pas aussi systématique qu’avant car la fonction a évolué. Jusqu’alors, les DAF étaient souvent issus du contrôle de gestion et disposaient d’un support sur le pilotage des sujets comptables et fiscaux. On conseille aujourd’hui aux contrôleurs de gestion de maîtriser ces aspects, pour leur permettre de mieux comprendre et d’intervenir opérationnellement si besoin..

Quels conseils donneriez-vous aux contrôleurs de gestion qui voudraient être chassés ?

Je leur conseillerais de veiller à soigner leur « personal branding ». Sur les réseaux sociaux, ils doivent travailler leur présentation, communiquer régulièrement et montrer qu’ils s’informent. Il ne faut pas répondre à toutes les annonces. Je leur recommande aussi d’être toujours en ligne avec leurs leviers personnels. En revanche, il ne faut pas hésiter à se rendre disponible et à jouer le jeu à fond quand ils répondent aux demandes d’un cabinet de recrutement !

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