Charlotte Gouiard, Directrice Recrutement et expérience candidats, Mazars : « Le turn-over est moins fort sur les métiers de l'expertise comptable et du Conseil comptable que sur l’audit »
Est-ce que vous pouvez nous présenter l'activité de l’expertise comptable chez Mazars ?
L’expertise comptable et le conseil comptable sont des activités historiques de Mazars. Avec l’audit, l’expertise comptable est l’un de nos métiers phares qui a façonné l’histoire de Mazars. Sur l’expertise comptable ce sont des équipes qui vont s’occuper essentiellement de l’établissement des états financiers des entreprises quel que soit leur taille et de l’accompagnement de leur client sur des thématiques diverses : amélioration de la performance, fiscalité, gestion automatisée... Nous avons aujourd’hui 1100 collaborateurs sur l’expertise et le conseil comptable en France, répartis sur 37 bureaux. Nous sommes présents dans les grandes agglomérations comme Paris, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes, Rennes.... On retrouve systématiquement sur tous nos bureaux de région de l'expertise comptable.
Qui sont vos clients sur l’expertise comptable ?
On a tous types de clients de toutes tailles et de tous secteurs. Nous avons aussi bien des grands comptes qui externalisent leur comptabilité par exemple dans le secteur de l’Energie, Assurance ou encore Services. Mais également des groupes internationaux qui ont des filiales en France ou encore des TPE/PME.
En quoi consiste votre activité de conseil comptable ? Quelle est la différence avec l’expertise comptable ?
Alors que l'expertise comptable va porter sur les aspects réglementaires de la comptabilité : révision, tenue comptable etc… le Conseil comptable va concerner plus des activités non réglementées de type pilotage de projets chez les clients. Les sujets sont très divers. Nous pouvons intervenir aussi bien sur des projets d’automatisation des processus comptables que sur des diagnostics de processus. Nous faisons aussi du renfort opérationnel dans les équipes comptables des clients.
Quels sont les profils que vous privilégiez sur l’expertise comptable ?
Le gros du volume des recrutements concerne plus des profils juniors. Nous avons beaucoup d’apprentis dans les équipes d’expertise comptable mais aussi des jeunes diplômés qui ont suivi des formations type DSCG ou Master Comptabilité-Contrôle-Audit. Pour l’activité conseil comptable, nous sommes aussi ouverts à des profils qui ont plus une culture finance d’entreprise comme le contrôle de gestion. Nous avons un système de grade assez précis qui nous permet de faire évoluer les juniors qui nous rejoignent. Nous recrutons aussi de plus en plus d’expérimentés sur l’expertise et conseil comptable parce que nos clients ont besoin d’experts sur de nombreux sujets très techniques. Sur des projets d’assistance, nous avons besoin de background diversifié, c’est à dire des profils qui ont vu plusieurs types de clients, de processus et qui sont capables de faire un benchmark et d’être force de proposition. Sur des sujets de normes, les clients vont préférer aussi des profils experts. Si je dois vous donner des chiffres, on va être sur 70% de juniors et 30% d’expérimentés sur ces métiers-là.
Quel est le parcours type d’un jeune diplômé qui débute en expertise comptable chez vous ?
Quand vous rejoignez Mazars, vous démarrez au grade de junior 1. Vous avez un séminaire d'intégration et plusieurs semaines de formation dès votre arrivée dans notre parcours d’Onboarding pour s'assurer que vous maîtrisez bien les outils et nos méthodes. C’est aussi un moment important pour créer cet esprit de promotion auquel nous tenons beaucoup. Ensuite ils vont démarrer directement sur des missions. En fonction de leur spécialité, ils vont avoir des portefeuilles clients plus ou moins étendus. Chaque année, leur grade évolue en fonction de leur performance. On va les positionner progressivement sur des sujets de plus en plus complexes. Au niveau du grade senior, on peut leur confier des responsabilités de management auprès de juniors en alternance ou en stage. Après 3 années passées au grade de senior, ils peuvent passer manager et participer à des sujets de développement commercial.
Qui sont ces expérimentés que vous recrutez ?
En moyenne, ils ont entre 3 à 8 ans d’expérience. Ces candidats proviennent principalement d’autres grands cabinets d’audit ou de cabinets de taille intermédiaire. Nous avons aussi des profils qui viennent du corporate, directement de services comptables. Par exemple typiquement sur la consolidation, nous sommes susceptibles de recruter directement des candidats en entreprise.
Quelles sont leurs motivations pour rejoindre un cabinet ?
En fait ils viennent souvent chercher dans des cabinets comme le nôtre, la diversité et la pluridisciplinarité des missions. Ils apprécient la diversité des secteurs, des tailles d'entreprise, le fait de changer d'équipe ou de pouvoir travailler avec des personnes différentes.
Est-ce que vous êtes considérés comme une super business school à l’instar de l’audit ?
Je dirais que le turn-over est moins fort sur les métiers de l'expertise comptable et du Conseil comptable que sur l’audit. Les candidats qui ont suivi un cursus comptable sont en un sens plus captifs. Ils restent donc plus longtemps et se projettent davantage en cabinet. Lorsqu’ils décident de partir, c’est pour créer leur propre cabinet ou c’est parce qu’ils ont été embauchés par l’un de nos clients.
Est-ce qu'il y a des possibilités d’évolution vers l’audit ?
Les experts-comptables maîtrisent la base du métier d’auditeur à savoir la comptabilité. Donc oui il y a des mobilités de l'expertise comptable vers l'audit mais aussi du Conseil comptable vers l'audit, de l'expertise vers le Conseil comptable et inversement. Il y a donc de nombreuses passerelles qui existent.
Est-ce que l’image de ces métiers a changé ?
Malheureusement, cela ne change pas beaucoup. Ce sont des métiers qui sont toujours en tension, très forte. Il y a toujours plus d’offres que de candidats. Ce sont des métiers qui attirent de moins en moins. Parce que je pense qu'ils pâtissent d'une fausse image avec beaucoup d'a priori. Or, aujourd'hui, c'est un métier qui est en pleine transformation avec tous les aspects digitaux, les sujets de la RSE et de l’accompagnement des clients. On a vu le rôle de l'Expert-comptable pendant la période COVID lorsqu’il a fallu conseiller les entreprises sur toute la partie financement. Je trouve que c'est un vrai partenaire de confiance. Il y a beaucoup d’enjeux pas uniquement chez Mazars, mais aussi collectivement avec les autres cabinets et l’ordre des experts comptable pour recréer une dynamique autour de ce métier.
Mazars a beaucoup investi dans la transformation digitale du métier. Quel est l’objectif ?
L’objectif est de passer le moins de temps possible sur tout ce qui est chronophage et facilement automatisable. Il s’agit pour nous de concentrer l’activité de l'expert-comptable ou du consultant comptable sur des tâches à forte ajoutée là où l’attend le client.
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