Les juniors non grata dans le Private Equity, vraiment ?
Vous souhaitez travailler dans l'industrie du capital investissement ? Dans ce segment de la finance quelque peu atypique, les opportunités d'emplois pour les jeunes diplômés sont plutôt rares, les recruteurs ayant plutôt tendance à privilégier des profils expérimentés, idéalement avec 2 à 3 ans d’expérience en M&A, Private Equity, Audit/Transaction Services ou Finance d’entreprise.
« Les profils recherchés se concentrent toujours sur des compétences solides, habitués aux négociations », relève ainsi Denis Marcadet, président du cabinet de chasse Vendôme Associés, dans la dernière édition de son baromètre Métiers & Tendances Été 2023.
Et d'ajouter : « Au-delà des compétences traditionnelles - rigueur, probité, stratège financier, capacité de reporting, connaissances sectorielles – les soft skills restent déterminantes lors des process de recrutements : flexibilité et agilité indispensables, excellent niveau de communication (interne et externe), pédagogie, capacité à embarquer et fédérer les équipes autour d’un projet structurant seront des facteurs clés lors des décisions finales ».
Pas que des chiffres...
L'organisation professionnelle France Invest organise plus d’une quinzaine de rencontres par an dans les écoles pour présenter le métier du capital investissement. Ses adhérents promulguent quelques conseils aux étudiants qui vont également dans ce sens. « Il faut un sens critique, des arguments, un avis, au-delà des chiffres », précise Marie-Estelle Iorio, partner chez Famae Impact.
Les diplômes et compétences techniques ne suffisent donc pas pour travailler dans le private equity, et cela vaut aussi pour les profils débutants. « Il faut une certaine intelligence relationnelle : savoir à qui on doit parler, comment on doit le faire. Dès le début d’un stage, c’est très important », ajoute Maud Nivelle, chargée d'affaire chez Raise France.
Plusieurs portes d'entrée
A défaut de rentrer par la grande porte faute d'expérience et de compétences financières significatives, les étudiants et jeunes diplômés pourront toujours tenter leur chance par des voies détournées. « Il n’y a pas que des métiers de finance, il y a aussi des métiers du marketing, de la conformité, c’est très vaste et il ne faut pas se censurer », conseille Virgile Viard, Investment Manager chez Amundi.
« La digitalisation des processus d’investissement en Private Equity s’est intensifiée. Les solutions ne sont plus l’apanage des grands acteurs. Des FinTechs proposent des solutions et services qui permettent de fluidifier, accélérer et sécuriser les processus de la sélection à la gestion », déclaraient récemment les organisateurs de l'Investment Day, un événement organisé en marge du Paris Finance Forum. A vous de démarcher les fintech en question pour faire vos premiers pas dans le private equity.
Des salaires attractifs
D'autant plus que le jeu en vaut la chandelle. D'après l'étude de rémunérations 2023 du cabinet de recrutement Robert Walters, un chargé de relations investisseurs avec 5 à 10 ans d'expérience pourra prétendre à un salaire de 60-75 k€ en 2023 (contre 55-70 k€ en 2022).
A niveau d'expérience égale, un directeur d'investissement gagnera entre 65-90 k€ (contre 60-85 k€ un an plus tôt). Avec plus de 10 ans d'expérience, ces professionnels passent allègrement la barre des 100 k€ et peuvent même toucher 140 k€ voire plus après plus de quinze ans de métier !
Et ces chiffres ne concernent que les salaires de base, pas les bonus ni les fameux 'carried interest' qui sont un pourcentage des plus-values d'un fonds de capital-investissement prélevé sur le bénéfice des apporteurs de capitaux et revenant à l'équipe de gestion du fonds. Qui dit mieux ?
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