Jeunes diplômés en finance et la RSE : « Je t’aime, moi non plus »

Publié le 26/05/2024

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) constitue plus que jamais un enjeu significatif pour les étudiants et jeunes diplômés en finance. Pourtant, ce concept fortement ancré dans les consciences des nouvelles générations se heurte à des méconnaissances persistantes ainsi qu’à un contexte économique complexe.

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) constitue plus que jamais un enjeu significatif pour les étudiants et jeunes diplômés en finance. Pourtant, ce concept fortement ancré dans les consciences des nouvelles générations se heurte à des méconnaissances persistantes ainsi qu’à un contexte économique complexe. C'est pourquoi le cabinet d’expertise comptable, d’audit et de conseil Denjean & Associés a mené en partenariat avec l’université Paris Dauphine-PSL une étude intitulée « RSE et Finance : Je t’aime, moi non plus » réalisée en ligne auprès de 270 étudiants et jeunes diplômés en finance.

« Les étudiants et jeunes diplômés ayant répondu à l’étude font partie de cette génération qui porte en elle les germes d’un futur plus responsable, durable et respectueux de l’environnement. Toutefois, cette vision est-elle partagée et entendue par toutes et tous de la même manière ? Que pensent réellement les jeunes acteurs financiers animés par la passion du chiffre et de la performance ? Disposent-ils des bases théoriques nécessaires à la maîtrise des nouveaux enjeux RSE ? », s'interroge Thierry Denjean, Président fondateur de Denjean & Associés. Voici quelques éléments de réponse...

Un concept connu mais encore mal maîtrisé

Sans surprise, 100% des jeunes diplômés et 97% des étudiants en finance déclarent comprendre ce qu’est la RSE. Pourtant, 45% d’entre eux estiment n’avoir qu’une connaissance limitée du sujet et ne pouvoir en donner qu’une définition approximative.

« Ce constat peut s’expliquer notamment par des disparités significatives dans le traitement des enjeux liés à la RSE en fonction du type de formation universitaire suivie : si les écoles de commerce intègrent systématiquement la RSE dans leurs programmes, la grande majorité des universités ou des cursus comptables n’aborde pas ce sujet et les enjeux qui lui incombent », relève Bruno Oxibar, Directeur du master CCA de l’université Paris-Dauphine-PSL.

Un regard plus optimiste

La RSE n’est plus seulement considérée comme un outil de communication visant à améliorer l’image externe des entreprises. Alors qu’en 2020, 78% des jeunes diplômés et 67% des étudiants la considéraient comme un moyen opportuniste de « redorer son image », cette tendance est à la baisse en 2024 : il est aujourd’hui question de 61% des jeunes diplômés et 62% des étudiants.

« Ils sont aujourd’hui deux fois plus nombreux à penser que la RSE permet aux entreprises de réduire leur impact environnemental et d’améliorer leur engagement social. Une large majorité d’étudiants et jeunes diplômés en finance estime à ce titre que la réussite d’une entreprise ne doit pas être mesurée sur des critères uniquement fondés sur les seuls résultats financiers », constate Thierry Denjean.

Un rapport ambigu

Des données encourageantes à nuancer, puisque 52% des étudiants sont indécis quant à l’idée de travailler pour un employeur qui n’est pas fortement impliqué dans une démarche RSE. En 2024 comme en 2020, les candidats au recrutement se posent encore la question de l’importance de l’engagement de l’entreprise dans le choix de leur futur employeur.

Si la participation à des initiatives responsables au sein de l’entreprise est une source de fierté pour 76% des jeunes financiers, engagement bénévole et rémunération ne sont pas antinomiques pour la majorité d’entre eux. 56% des étudiants et 50% des jeunes diplômés estiment que les entreprises ont un devoir de reconnaissance et de valorisation du travail effectué dans le cadre d’actions solidaires. Mais les entreprises sont-elles prêtes à payer pour autant ?

Articles liés