Les fintechs à la recherche d'experts en conformité

Publié le 08/06/2025

L’Observatoire de la Fintech a publié une nouvelle étude annuelle sur les réglementations et la conformité dans l’univers des services financiers et de la fintech en partenariat avec la société Treezor et avec la participation des pôles Fintech innovation de l’AMF et de l’ACPR et plus de 20 contributeurs expert de la fintech, de la banque, de l’assurance, de l’investissement et de la transformation des services financiers en matière de conformité.

L’Observatoire de la Fintech a publié une nouvelle étude annuelle sur les réglementations et la conformité dans l’univers des services financiers et de la fintech en partenariat avec la société Treezor et avec la participation des pôles Fintech innovation de l’AMF et de l’ACPR et plus de 20 contributeurs expert de la fintech, de la banque, de l’assurance, de l’investissement et de la transformation des services financiers en matière de conformité.

L'étude sectorielle révèle que les effectifs des départements conformité représentent en moyenne 10% des effectifs totaux des sociétés agrées avec néanmoins de grandes disparités puisque certaines fintechs dans les paiements dédient plus de 25% de ressources humaines aux tâches de conformité.

« Face à un environnement réglementaire exigeant, l'évolution du secteur fintech a mis en évidence la nécessité de renforcer la fonction conformité. Cela implique un investissement massif dans cette fonction essentielle, notamment en ressources humaines », précise Adin Buhks, Chief Risk & Compliance Officer chez Treezor dont la taille de l'équipe dédiée à la conformité a été multipliée par cinq ces dernières années.

Une fonction stratégique aux missions variées

Le périmètre de responsabilité est variable ce qui peut rendre les comparaisons difficiles. Les départements incluent en général les aspects LCBFT qui, sans surprise, représentent le pôle le plus important, les rapports réglementaires et les relations avec les superviseurs, l’avis sur les nouveaux produits, le contrôle des publications de la société avant parution, les données personnelles, les conflits d’intérêts, la formation, la veille réglementaire etc. Toutefois, le DPO (délégué à la protection des données) peut, dans certains cas, être sous la responsabilité du département juridique.

Certains départements incluent également des équipes de contrôle opérationnel, de contrôle des risques ou encore juridiques. Dans les sociétés de gestion, le responsable conformité (RCCI) est aussi en charge du contrôle interne et, lorsque les risques ne sont pas trop complexes, peut également assumer le contrôle des risques.

Les régulateurs demandent de plus en plus un rattachement direct du responsable conformité au CEO ou au président du Conseil. Il subsiste toutefois des cas de rattachement au secrétaire général ou au COO, qui cumule alors d’autres responsabilités. Dans les fintechs intégrées à des groupes bancaires, le rattachement se fait au responsable conformité du groupe. « Chez Treezor, la fonction Risques et Conformité est directement rattachée à la direction générale », précise Adin Buhks.

Vers une pénurie de profils experts ?

Adin Buhks fait la comparaison avec le boom de la demande en auditeurs il y a une dizaine d'années, mais préfère parler de « challenge à relever » plutôt que de pénurie. D'autant plus que la conformité est de plus en plus intégrée dans les formations. Il admet cependant que les experts conformité dotés d'une expérience dans la fintech et/ou les moyens de paiement sont devenus une ressource rare.

Et la tendance n'est pas prête de s'inverser avec le durcissement de la réglementation et la prise de conscience des fintechs de maîtriser les risques de conformité qui n'est plus perçue comme une contrainte mais un levier stratégique. C'est donc le bon moment de postuler dans ce métier en tension dans les fintechs.

 

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