Banques d’investissement : un record de candidatures pour les programmes graduate
Les grandes banques d’investissement font face à un afflux inédit de candidatures pour leurs programmes graduate. En 2025, JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont chacune battu des records, avec des taux d’admission tombant sous la barre des 1 %.
Des chiffres record chez les mastodontes américains
JPMorgan fait la course en tête. Pour la cohorte 2025, la banque a enregistré environ 630 000 candidatures pour près de 4 100 places de stage, soit ~0,6 % de taux d’acceptation. C’est une hausse d’environ 25 % des candidatures par rapport à l’an dernier, sur fond de cohortes rationalisées après deux années de marché M&A atone.
Goldman Sachs reste l’autre aimant à candidatures. Pour l’été 2025, la firme indique plus de 360 000 candidats pour ~2 600 postes, un nouveau sommet (+15 % vs 2024) et un taux d’acceptation d’environ 0,7 %. Ces niveaux prolongent la trajectoire observée l’an passé et confirment que, malgré des promotions légèrement réduites, l’attractivité ne faiblit pas.
Morgan Stanley communique moins sur le global, mais donne un bon thermomètre pour l’EMEA : 57 047 candidatures pour 285 stages d’été, selon des données 2024-2025, soit un taux d’acceptation voisin de 0,5 % et une progression nette des demandes d’une année sur l’autre. Là aussi, l’offre a été ajustée à la baisse, ce qui accentue le goulot d’étranglement.
Un entonnoir accentué par la réduction des promotions
Au-delà de ce trio, plusieurs signaux montrent que le rapport candidatures/places explose dans tout l’écosystème. En 2024, JPMorgan recensait déjà ~505 000 candidatures pour 4 500 stages, et Goldman avait commencé à réduire sa taille de promo, ce qui contribuait à rendre l’accès encore plus sélectif. Les banques ont ainsi accru la sélectivité tout en recevant davantage de dossiers, notamment parce que les candidatures multi-pays et multi-divisions sont devenues plus fluides avec les portails en ligne et les outils d’automatisation.
Dans ce contexte, certains repères aident à mesurer la difficulté relative. D’après des analyses sectorielles, l’été 2024 était 17 % “plus difficile” chez JPMorgan que chez Goldman, à la fois parce que JPMorgan a davantage compressé ses promotions et parce que la banque a capté une part croissante de candidatures. Le resserrement s’est poursuivi en 2025, avec des volumes en hausse et des cohortes prudentes.
Londres et l’Europe sous la même pression
Le Royaume-Uni confirme la pression concurrentielle. Selon l’Institute of Student Employers, les postes “graduate” en finance au UK affichaient 188 candidatures par offre en 2025 (contre 120 en 2024), un pic historique sur le marché britannique des jeunes diplômés. Ce metric n’est pas strictement comparable aux chiffres globaux des banques américaines mais illustre la tendance : la finance reste l’un des secteurs les plus prisés malgré la réputation d’horaires extrêmes.
Enfin, les banques européennes communiquent moins systématiquement des volumes globaux de candidatures, rendant les comparaisons directes délicates. On constate toutefois que les intakes progressent chez certaines (ex. Barclays, +46 % de recrutements graduates en 2024 vs 2022), alors même que l’augmentation des candidatures sur le marché britannique fait grimper la compétition à l’échelle locale. La conséquence pour les candidats : multiplier les candidatures ciblées, peaufiner l’alignement “fit + technique” et viser plusieurs plates-formes (US, UK, EMEA) pour lisser le risque.
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