Entretien avec M. Kesic, Directeur de l’INES : comprendre les atouts des formations comptables
Les formations comptables attirent-elles encore ? Quels profils d’étudiants s’y engagent, avec quelles attentes et quelles perspectives ? À rebours des idées reçues, le Directeur de l’INES, École d’expertise comptable à Paris, M. Kesic, dresse le portrait d’une filière stable, exigeante et particulièrement favorable en matière d’insertion professionnelle. Choix du parcours DCG–DSCG, charge de travail, alternance, débouchés et constitution du réseau : il livre un éclairage précis sur les réalités et les atouts de ces formations.
Une filière stable, portée par des étudiants ambitieux
Contrairement à certaines idées reçues, les formations comptables ne connaissent pas, ces dernières années, de véritable effet de mode. « Il n’y a pas d’engouement particulier », observe M. Kesic. Les effectifs demeurent globalement stables d’une année sur l’autre, avec un public relativement similaire : « des bacheliers qui manifestent un intérêt pour les chiffres et l’économie. » La filière continue ainsi d’attirer un profil constant, loin des emballements conjoncturels, mais solidement inscrit dans une logique de projet professionnel.
Les motivations des étudiants qui candidatent à l’INES sont clairement identifiées. Il s’agit d’étudiants « généralement ambitieux », qui « envisagent des métiers à fortes responsabilités. » L’expertise comptable, exercée en libéral ou comme associé, figure en bonne place, mais elle n’est pas la seule perspective. Audit, contrôle de gestion, responsabilité administrative et financière, voire direction administrative et financière, constituent autant de débouchés envisagés dès l’entrée en formation. À cette ambition professionnelle s’ajoute un facteur plus pragmatique : l’attractivité des rémunérations associées à ces fonctions.
Lorsqu’ils arrivent en formation, les étudiants portent sur le métier un regard lucide. Le terme qui revient le plus souvent est celui d’un métier « exigeant ». Ils ont conscience qu’ils se destinent à « une profession de conseil et de contrôle des comptes, qui suppose une maîtrise rigoureuse des aspects comptables, juridiques, fiscaux et financiers. » Loin d’une vision monotone ou purement technique, ils perçoivent d’emblée la complexité et la responsabilité inhérentes à ces fonctions.
Bien choisir son parcours : sécurité, débouchés et stratégie de formation
Au moment de choisir une formation DCG ou DSCG, plusieurs critères apparaissent comme réellement décisifs, au-delà de la seule réputation de l’établissement. « Le premier tient à la possibilité d’exercer une profession libérale dans un cadre réglementé : une forme d’entrepreneuriat, mais sans trop de prise de risque. » Vient ensuite la grande variété des métiers accessibles à l’issue d’un parcours Bac+5, qu’il s’agisse de l’audit, du contrôle de gestion ou de la fonction financière au sens large.
Le marché de l’emploi constitue un autre argument de poids. Dans ces métiers, le chômage est « quasi inexistant », ce qui confère à la filière une attractivité durable. Enfin, la rémunération, globalement élevée, achève de convaincre de nombreux candidats, en cohérence avec le niveau d’exigence et de responsabilité des postes occupés.
S’agissant de la stratégie de parcours entre DCG et DSCG, M. Kesic se montre très clair. La voie classique — DCG, puis DSCG, puis DEC — est à la fois « la plus sûre » en matière d’acquisition des connaissances et, paradoxalement, « la plus courte ». Les contenus des programmes sont denses et complets, et leur progressivité constitue un atout essentiel. « À l’exception du DCG, une entrée directe en DSCG n’est possible qu’à condition de disposer d’un master, ce qui implique souvent un parcours plus long, avec des acquis parfois assez faibles au regard des exigences du diplôme. »
Réussir sa formation : méthode de travail, maturité et réseau professionnel
Les profils d’étudiants qui réussissent se distinguent moins par le mode de formation — initial ou alternance — que par leurs qualités personnelles. « Un étudiant sérieux et travailleur, avec quelques capacités tout de même, réussira aussi bien » dans l’un que dans l’autre. « Le choix de l’alternance relève avant tout d’une question de maturité, qui ne se réduit pas à l’âge, mais renvoie à la capacité à gérer simultanément exigences académiques et responsabilités professionnelles. »
La charge de travail doit, elle aussi, être appréhendée avec réalisme. Un étudiant qui travaille régulièrement peut supporter une charge « relativement acceptable ». À l’inverse, celui qui se réveille à la veille d’une série d’examens blancs aura inévitablement « l’impression de gravir l’Everest ! »
Enfin, la construction du réseau professionnel débute très tôt. « L’INES est déjà un réseau à lui tout seul », souligne son directeur, l’école comptant plus de 700 étudiants en DCG et en DSCG. « Les partenariats établis avec de nombreux cabinets, notamment les plus grands acteurs de l’audit et de l’expertise comptable (KPMG, Grant Thornton, Mazars, PwC, Nexia…), permettent aux étudiants de saisir les meilleures opportunités. À cela s’ajoutent des présentations de cabinets et des conférences-déjeuners autour des différents métiers offerts par les parcours DCG–DSCG, autant d’occasions de rapprochement entre recruteurs et étudiants, dans une filière où l’anticipation reste un atout majeur. »
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