Banques françaises : l’essor des banquiers millionnaires en 2025
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il atteint en 2025 un niveau inédit : les grandes banques françaises comptent un nombre record de salariés rémunérés au-delà du million d’euros annuel. BNP Paribas et Société Générale illustrent particulièrement cette dynamique, portée par la performance de leurs activités de marché et de banque d’investissement.
BNP Paribas : un record historique en 2025
Chez BNP Paribas, le seuil atteint en 2025 marque une nouvelle étape. La banque recense désormais 476 « material risk takers » rémunérés à plus d’un million d’euros, soit une hausse d’environ 8 % sur un an. Cette progression confirme une tendance structurelle à la hausse des très hautes rémunérations dans les grandes banques européennes.
Dans le détail, la majorité de ces rémunérations se concentre entre 1 et 2 millions d’euros (374 personnes), mais une frange plus restreinte atteint des niveaux bien supérieurs. Plusieurs dizaines de collaborateurs dépassent les 3 millions d’euros, et une poignée franchit même le seuil des 5 millions. Cette dispersion illustre l’importance croissante des bonus variables dans la structure des rémunérations.
La banque d’investissement (CIB) reste le principal moteur de ces niveaux de revenus. Elle concentre l’essentiel des profils à risque et capte la majorité des enveloppes de bonus, en lien direct avec les performances des activités de marché, de financement structuré et de conseil.
Société Générale : une dynamique similaire mais plus contenue
La Société Générale suit une trajectoire comparable, bien que sur une échelle plus réduite. En 2024, elle comptait près de 200 banquiers rémunérés au-delà du million d’euros, un chiffre en nette progression sur les dernières années.
Cette évolution s’inscrit dans le repositionnement stratégique du groupe, qui a renforcé ses activités de banque de financement et d’investissement tout en rationalisant certaines lignes métiers. Comme chez BNP Paribas, les métiers de marché et les fonctions directement liées à la génération de revenus concentrent l’essentiel des très hautes rémunérations.
Si les données complètes pour 2025 ne sont pas encore toutes publiées, la tendance sectorielle laisse présager une poursuite de cette progression, portée par des résultats solides dans certaines activités clés.
Une tendance structurelle portée par la concurrence internationale
Au-delà des cas de BNP Paribas et de Société Générale, la montée des banquiers millionnaires s’inscrit dans une dynamique plus large. Les grandes banques françaises comptent désormais plusieurs centaines de professionnels dépassant le million d’euros annuel, un niveau en forte augmentation sur la dernière décennie.
Cette évolution s’explique en grande partie par la concurrence internationale. Face aux établissements américains et britanniques, les banques européennes doivent proposer des packages attractifs pour retenir les talents les plus stratégiques. Les bonus variables, souvent indexés sur la performance, jouent ici un rôle déterminant.
Par ailleurs, malgré un encadrement réglementaire strict en Europe – notamment sur le plafonnement des bonus et leur versement différé – les établissements ont su adapter leurs politiques de rémunération pour rester compétitifs.
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