La Fintech : un monde d'hommes, vraiment ?

Publié le 29/04/2025

Vous êtes une femme et voulez faire carrière dans la fintech ? Excellente initiative ! Récemment, Pixpay, la première marque à proposer une alternative aux banques pour les ados dès 10 ans, a procédé à plusieurs intégrations de profils juniors féminins dans son équipe à des postes de Customer Happiness Officer, KYC Analyst et Social Media & Influence Manager.

Vous êtes une femme et voulez faire carrière dans la fintech ? Excellente initiative ! Récemment, Pixpay, la première marque à proposer une alternative aux banques pour les ados dès 10 ans, a procédé à plusieurs intégrations de profils juniors féminins dans son équipe à des postes de Customer Happiness Officer, KYC Analyst et Social Media & Influence Manager.

Et les juniors ne sont pas les seules concernées. ClubFunding Group a ainsi annoncé en janvier dernier la nomination, au poste de directrice générale, d’Elisa Muntean. Diplômée d’un MSc en Finance de Grenoble École de Management, elle a débuté sa carrière en 2011 comme auditrice financière chez EY avant de rejoindre la société d'investissement Wendel et d'intégrer en 2020 ClubFunding Group en tant que directrice financière.

Qonto, le leader européen de la gestion financière pour les TPE-PME et les indépendants annonçait en novembre 2024 la nomination de Heidrun Luyt au poste de Directrice de la Stratégie de Croissance. « Un moment de fierté puisque les femmes représentent désormais 45 % des postes de direction de Qonto », indiquait alors son PDG et fondateur Alexandre Prot, donnant un signal fort pour la French Tech où la mixité ne va pas toujours de soi.

Le plafond de verre vite atteint

Selon le dernier baromètre Mixité dans l'écosystème FinTech de France Fintech et Crédit Mutuel Arkéa, les femmes occupent seulement 30 % des emplois à temps plein. Une proportion qui diminue à 25 % pour les postes de direction et qui atteint seulement 8,5 % lorsqu’il s’agit de femmes fondatrices de fintechs. « Seule une femme dirige l’une des 20 premières fintechs françaises, ce qui est très peu », relevait récemment dans nos colonnes Gabriel Marolleau, Expert RH à l’Observatoire de la Fintech.

Parmi les rares figures féminines incarnant l’entrepreneuriat dans la fintech, on peut citer Amélie Schieber, co-fondatrice et présidente de Tiime qui propose des solutions tout-en-un pour simplifier la comptabilité et la gestion des entrepreneurs et des experts-comptables. « Il y a encore trop peu de modèles visibles et de représentations. Beaucoup de femmes sont confrontées au syndrome de l’imposteur ou à un manque de confiance en elles, ce qui peut freiner leur ambition », déplore-t-elle.

Pourtant, elle insiste sur l’importance cruciale de la mixité, non seulement pour des raisons d’équité, mais comme levier de performance : « Avoir une mixité et au moins une femme dans une équipe est vital. Cela change le regard, les approches, et même la manière d’interagir avec les clients. La diversité apporte une richesse essentielle à l’innovation et à la performance », poursuit Amélie Schieber, qui prend régulièrement la parole dans des événements dédiés à la promotion des femmes dans l’entrepreneuriat, comme C’est qui la boss.

Les métiers tech à la traîne ?

« A l’image de nombreux secteurs technologiques, des initiatives sont en cours pour accroître davantage la part des femmes dans les effectifs, notamment sur des postes techniques ou stratégiques, comme l’accélérateur de mixité Willa ou le fonds d’investissement Sista », observe pour sa part Gabriel Marolleau. Car si les emplois les plus féminisés en fintech sont ceux du marketing, des RH et de la communication, les moins féminisés demeurent ceux des métiers tech.

« Il y a une réelle difficulté à recruter des femmes dans cet environnement. L’industrie crypto hérite en partie des disparités déjà présentes dans la finance traditionnelle, un secteur historiquement masculin. Cependant, à mesure que l’écosystème gagne en maturité, nous espérons voir une diversification des profils, avec des postes peut-être moins techniques qui pourraient attirer davantage de talents féminins », explique Élodie de Marchi-Chouard, Chief Operating Officer chez Kaiko.

De nombreuses initiatives pour encourager les femmes à travailler dans l’écosystème ont émergé dès le départ, leur apportant un réel soutien et encourageant leurs ambitions. En France, plusieurs CEO et C-levels féminins sont à la direction d’entreprises Web3 de premier plan comme Élodie de Marchi-Couard, Clarisse Hagège CEO et co-founder chez Dfns ou encore Karen Jouve CEO et co-fondatrice de Doors3, pour ne citer qu'elles. Serez-vous la prochaine ?

Articles liés