Analyste ISR
Description du métier
Présentation
L’analyste ISR intègre des critères extra-financiers ESG (environnement, social, gouvernance) à l’étude des émetteurs en vue d’anticiper l’impact de ces critères sur leur révolution.
Missions principales
Les missions de l’analyste ISR sont les suivantes :
- Analyse financière et extra-financière des entreprises
- Analyses sectorielles, rating ESG de sociétés et rédaction de revues de presse
- Présentation des analyses ESG aux gérants des fonds
- Dialogue et rencontre avec le management des entreprises
- Contrôle effectué par le middle-office
- Identification des entreprises selon des critères financiers et éthiques afin de les proposer aux investisseurs dans le cadre d’une démarche ISR
Profil demandé
De formation Bac+5 en Ecole de Commerce ou Université spécialité finance et complété d’une expérience de 2/3 ans minimum.
Rigueur, Organisation, Sens de l’analyse.
Capacités rédactionnelles et de synthèse.
Compétence en environnement ou en droit.
Anglais professionnel courant.
Rémunération
Non communiqué
Types d’entreprises
Sociétés de gestion d’actifs, Agences de notation, Banques d’investissements, ONG.
Recruteurs conseillés
Formations conseillées
Université d\'Evry Vald\'Essonne
Master 2 Gestion des risques et des actifs (GRA)
Université Panthéon Assas
Master 2 professionnel Techniques Financières et Bancaires
Université Paris Dauphine
Master pro Gestion d\'Actifs Asset Management
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
IUP Caen Banque Assurance
Master 2 Gestion d\'Actifs, Contrôle des Risques et Conformité
Témoignages
Le métier touche à des sujets passionnants, variés et d’actualitéMa carrière et ma formation :Après un baccalauréat Scientifique, j’ai intégré l’école de commerce ESSCA Angers. Cette formation m’a permis de partir en Suède pour un semestre d’études en 4ème année.
C’est là que j’ai sérieusement pris goût au développement durable. De retour à l’ESSCA pour me spécialiser, j’ai choisi la majeure Audit-Expertise en finance tout en rédigeant un mémoire de recherche sur « les outils de pilotage de la performance économique, sociale et environnementale ». Je voulais avoir la double expertise : finance et développement durable appliqué aux entreprises.
Après mon stage de fin d’études au sein de KPMG dans le commissariat aux comptes (audit financière), j’ai décidé de continuer mes études pour me spécialiser dans le développement durable.
Le master 2 professionnel DDMEG (Développement Durable, Management Environnemental et Géomatique) à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne m’a permis de travailler avec un groupe de 5 autres étudiants à l’EPADESA (Etablissement Public d’Aménagement de La Défense Seine Arche) sur un projet d’agriculture urbaine où il fallait mesurer les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Puis, pour un stage de fin d’études de 6 mois, j’ai intégré l’équipe d’analystes extra-financiers du département expertise ISR (Investissement socialement responsable) d’Amundi Asset Management.
Mon métier :L’analyste extra-financier a pour mission de noter des émetteurs (sociétés ou États) sur des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). L’analyse ESG est son cœur de métier.
La notation ESG des émetteurs est ensuite utilisée pour accorder ou non leur présence dans des fonds ISR ou parfois pour exclure les plus mauvais élèves de tous les fonds proposés par une société de gestion.
Pour l’évaluation ESG, l’analyste s’appuie sur :
- Les données des entreprises (rapports développement durable, etc.)
- Les rencontres avec les entreprises (l’analyste interpelle sur des sujets ESG les sociétés qu’il suit ; le dialogue avec le entreprises est très présent dans le travail)
- Toute communication de sources presse mais aussi syndicale, ONG, sectorielle, etc. (en général, l’analyste ESG est spécialisé sur un ou plusieurs secteurs d’activité ; la veille sectorielle est donc un aspect important du métier)
- Les travaux des sociétés de courtages (brokers), ONG, universitaires, etc.
- Les rapports des agences de notation extra-financière.
Attraits du métier :Le métier touche à des sujets passionnants, variés et d’actualité ; il donne une grande culture générale des enjeux ESG.
Le dialogue avec les sociétés fait partie des aspects les plus intéressants du métier. Interpeller les entreprises sur ces sujets contribue à leur amélioration sur les critères de développement durable.
Le métier donne ainsi l’impression de pouvoir faire avancer les choses, de responsabiliser la finance et de contribuer à l’amélioration des pratiques des entreprises en général.
Points négatifs :Le fait que l’on note les entreprises et qu’ainsi, on ne les conseille pas, donne parfois l’impression d’être « gendarme » ; les échanges avec les entreprises sont ainsi parfois faussés.
Aussi, il est frustrant de ne pas toujours pouvoir approfondir des sujets ou l’évaluation d’une entreprise car le temps est compté. Enfin, il est aussi frustrant de ne pas avoir suffisamment de « poids » pour faire avancer les pratiques des entreprises et généraliser l’ISR dans la gestion d’actifs.
Qualités requises pour réussir dans ce métier ?
Il faut avoir une bonne connaissance des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance au sein des entreprises tout en n’ignorant pas les problématiques économiques et financières.
Il faut aussi avoir un bon esprit d’analyse et de synthèse ; la rédaction de nombreux rapports et synthèses fait partie du métier. Enfin, pour exercer correctement le métier, je dirais aussi qu’il faut être « sensibilisé » au développement durable, il faut y croire !
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Les recruteurs apprécient la double compétence finance + spécialisation dans le développement durable.
Deléarde
Ce milieu étant très limité, la première étape doit être un stage.Ma carrière en quelques mots :Stage puis CCD post mastère chez cheuvreux en tant qu’analyste ISR en 2007-2008.
CDI à La Banque Postale Asset Management en 2008
Ma formation :Ingénieur à l’ESPCI-Paristech (école spécialisé dans la recherche en physique, chimie et biologie) puis mastere spécialisé en management du développement durable à HEC
Mon métier :Analyse d’entreprises (rencontres d’entreprises, étude des données publiques, rédaction de rapports…), marketing/communication (rédaction de supports de communications sur les fonds ISR), fonctions supports (réponse à des appels d’offres, création de reportings…), recherche quantitative (analyse et traitement de données issues des fournisseurs de données extra-financières…).
Attraits du métier :Diversité des taches, sujets liés au développement durable, rencontres multiples, sens dans le métier
Points négatifs :Urgence systématique, schizophrénie potentielle (finance + développement durable = oxymore), manque de moyens
Qualités requises pour réussir dans ce métier :Curiosité, rigueur, synthétique, sens pratique, un gout prononcé pour les couleuvres
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Ce milieu étant très limité, la première étape doit être un stage.
Avoir la fibre développement durable.
RAYSSAC
C'est un métier nouveau qui tend à se développer dans le monde entier, de plus le côté relationnel est très présentMa carrière :Je suis actuellement analyste ISR en alternance chez Federal Finance, filiale de gestion d'actifs du Crédit Mutuel Arkéa. En parallèle, je suis en master à l'École de Management de Normandie à Caen. Auparavant, j'ai étudié à l'université de Konkuk à Séoul où j'ai obtenu l'équivalent d'une licence en finance.
Durant mes premières années d'étude, j'ai effectué différents stages en France et en Corée du sud, tous étant plus ou moins liés à la finance.
Mon métier :Le métier d'analyste ISR est un métier nouveau en plein explosion. L'idée de départ étant de compléter l'analyse financière avec des critères Environnementaux, Sociaux, et de Gouvernance (ESG). En effet, une entreprise présentant à la fois de bonnes notations financières et ESG sera plus à même de surperformer.
Nous travaillons pour cela en relation directe avec les sociétés analysées ainsi qu'avec des sociétés d'analyse extra-financière telles que Vigeo ou Asset4 qui nous fournissent des notations ESG de différentes sociétés.
Attraits du métier :C'est un métier nouveau qui tend à se développer dans le monde entier, de plus le côté relationnel est très présent, nous sommes constamment en relation avec le management des entreprises ou avec les gérants.
Il permet, en outre, d'être constamment au courant de l'actualité extra-financière mais aussi financière des entreprises.
Qualités requises pour réussir dans ce métier :Il est important d'être sensible aux problématiques ESG, la curiosité est aussi une qualité indispensable à la pratique du métier d'analyste (ISR ou financier).
Il faut savoir être méthodologique et avoir une aisance relationnelle, parler anglais est aussi très important.
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Il faut faire preuve de curiosité, être sensible aux critères ESG et oser !
Le Rochais
Enthousiasme, curiosité, écoute, analyse.Ma carrière et ma formation :J'ai étudié la finance à la Sorbonne. Durant ma dernière année, j'ai assisté en tant qu'auditeur libre à un cours de responsabilité des investisseurs donné par Olivier de Guerre, Président-Fondateur de Phitrust. Passionnée par cette nouvelle thématique, j'ai orienté la fin de mon cursus universitaire vers l'Investissement Socialement Responsable (ISR) en rédigeant un mémoire sur l'ISR et en effectuant mon stage de fin d'étude chez Cedrus Partners, cabinet de conseil spécialisé en ISR. J'ai poursuivi cette expérience par un CDD de 6 mois chez Cedrus Partners. Depuis septembre je suis analyste ISR au sein de BNP Paribas Asset Management en alternance avec un master 2 de Développement Durable effectué au sein de l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Mon métier :Pour résumer, être analyste ISR dans une société de gestion, cela consiste à analyser les impacts environnementaux et sociaux d'une entreprise ainsi que sa gouvernance. A partir des informations publiquement disponibles (Rapport de Développement Durable, Rapport Annuel, site internet, presse...), j'étudie une entreprise et la note selon des critères préalablement fixés pour l'ensemble de son secteur. Pour affiner ma note, je rencontre les entreprises et leur pose des questions relatives à leur stratégie de développement durable. Nous classons ensuite les entreprises selon leur note et nous investissons dans les entreprises faisant partie des deux tiers supérieurs. Dans le tiers inférieur, les fonds ISR de la BNP ne peuvent pas être investis.
Attraits du métier :Le fait d'introduire du développement durable au secteur financier donne un vrai sens au travail effectué chaque jour.
Points négatifs :L'ampleur de la tâche
Qualités requises pour réussir dans ce métier :Enthousiasme, curiosité, écoute, analyse.
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Faire un double cursus (Finance et Développement Durable) est selon moi aujourd'hui le profil qui intéresse le plus les entreprises. C'est la raison pour laquelle je suis actuellement une formation de développement durable.
Bertaux
Conviction. Engagement. Et surtout rigueur intellectuelleMa carrière :Mon parcours n’a rien de « classique ». Les recruteurs me rangent volontiers dans les profils « atypiques ». Je considère cette altérité comme une vraie richesse. J’ai travaillé dans les médias (Radios privées), l’industrie (Automobile), la banque/finance (Courtier) et le conseil. Le plus souvent dans des fonctions de management, de gestion de projet, faisant appel à des qualités relationnelles, d’organisation, de gestion et de droit. Mes trois précédentes missions sont : analyste extrafinancier, consultant en environnement, directeur de projet e-business. Je suis aujourd’hui consultant formateur indépendant en RSE, expert du reporting extrafinancier.
Ma formation :J’ai débuté ma vie professionnelle sans avoir fait d’études supérieures. Au cours de ma carrière, j’ai passé trois masters : sciences humaines (CELSA Paris Sorbonne), sciences de l’environnement (Paris Diderot et Institut de Physique de Paris), sciences de gestion (CNAM), soit en congé individuel de formation, en formation professionnelle ou en formation continue hors temps de travail.
Mon métier :Le métier d’analyste extrafinancier est étroitement dépendant de l’environnement dans lequel vous l’exercez. Il y a un véritable écosystème et une réelle complexité. Ce peut être dans une agence extrafinancière (ex. : Vigeo, Oekom, Sustainalytics), dans une agence d’information financière (ex. : Bloomberg, Thomson-Reuters), chez un index (ex. : Sam-Robecco pour le DJSI), chez un courtier (analyse sell-side), chez un investisseur ou un gestionnaire d’actifs (analyse buy-side), etc.
Pour les agences de notation extrafinancière, je vous renvoie à l’excellent dossier de Novethic : « Panorama des agences de notation extrafinancière. », sept. 2011. Dans tous les cas, il faut comprendre quel est le produit de sortie de votre analyse, qui en est le client et quel en est son usage. Si je connais beaucoup d’analystes extrafinanciers (en agence, chez les investisseurs, etc.), il m’est difficile de m’exprimer en leurs noms.
Chez CA Cheuvreux (Courtier/Broker filiale du Crédit Agricole), en qualité d’analyste ESG/ISR sell-side les clients sont soit les investisseurs eux-mêmes soit les analystes buy-side chez les Asset Manager.
Les analyses produites portent sur les critères ESG qui ont une forte matérialité financière avérée ou potentielle et qui peuvent influer sur le compte de résultat, le bilan ou la valorisation. C’est une approche fortement sectorisée, tenant compte des spécificités de l’entreprise, s’appuyant sur un protocole de matérialité. L’analyse porte sur un nombre limité de critères environnementaux et soci[ét]aux : 6 à 8 en général. Pour la gouvernance, nous exploitons les données de GMI (agence d’information spécialisée dans la gouvernance) et complétons par une analyse qualitative. Les analyses font, ou cherchent à faire, le lien entre performance financière et performance extrafinancière. Le protocole de matérialité comprend par exemple le « licence to operate », l’impact de la règlementation, le client (power pricing, consumer switch, impact of reputational risk), etc. C’est une analyse à la fois qualitative, mais aussi quantitative. Lorsque les données sont disponibles…
Chez Cheuvreux, j’étais spécialisé sur les secteurs : Automotive (Automobile, Components, Tyres, Trucks), Luxury Goods (Jewellery, Time pieces, Fashion, Leather goods, Fragance), Medias et Retail. Le fait d’avoir travaillé dans les médias et le secteur automobile a grandement facilité mon intégration dans le métier. J’ai réalisé des « ESG profiles » d’entreprises, intégré au « Company profiles » réalisé par l’analyste financier, ainsi que des « Sustainability Sector Profiles ». J’ai aussi coordonné un guide « Disclosing your ESG footprint » pour expliquer aux entreprises les attentes des investisseurs en matière de reporting extrafinancier.
Le métier au quotidien, c’est avant tout un métier de recherche. Rarement de certitudes… Il repose sur :
- La collecte d’information : présentation financière — rapport de gestion (facteurs de risques et données environnementales et sociales, le cas échéant) — rapport développement durable — site internet — controverses portées par les ONG et relayées par les médias — et quand cela est possible questionnaire ou rencontre d’entreprises. Le champ et la quantité de données pour une analyse sont particulièrement vastes.
- L’analyse et la rédaction de rapports et notes
- La relation avec les clients, investisseurs ou gestionnaires d’actifs.
Chez CA Cheuvreux, l’équipe comprenait un responsable de recherche (Stéphane Voisin), un analyste spécialisé Climate Change (Erwan Crehalet), trois analystes Environment & Social (Sudip Hazra, Samuel Mary, et moi-même), un analyste spécialisé dans la gouvernance (Robert Walker) et une analyste spécialisée GreenTech et Renewables (Catarina Saponar), et deux stagiaires ! Soit 7 analystes pour 650 valeurs européennes suivies par Cheuvreux. L’équipe a rejoint en avril 2013 Kepler Capital Markets, devenu Kepler Cheuvreux, broker d’origine suisse qui souhaite intégrer l’analyse ESG dans l’investissement mainstream. J’ai pour ma part créé ma propre activité de conseil en reporting extrafinancier.
Attraits du métier :La thématique du développement durable et de toutes ses composantes (social, relations avec les parties prenantes externes, protection de l’environnement, green tech, gouvernement d’entreprise, etc.) est passionnante. Les questions posées sont généralement systémiques et nécessitent des raisonnements à 360°. C’est donc intellectuellement enrichissant.
Les relations avec les investisseurs et les entreprises sont aussi particulièrement fructueuses et constructives. Avec les entreprises, pour comprendre en profondeur un métier, une activité, un produit/service sur toute chaine de valeur. Avec les investisseurs aussi, car les analyses produites sont fondées sur des échanges aussi bien en amont qu’en aval et que nombre d’analystes extrafinanciers « sell-side » sont « affutés ». Ils sont aussi dans un processus de recherche, mais doivent pouvoir argumenter leurs choix pour leurs comités d’investissements.
Le travail avec les analystes financiers est précieux. Ils ont une grande connaissance des secteurs d’activités et des entreprises. Ils ont beaucoup à apporter à l’analyse extrafinancière qui ne peut dissocier l’économie de l’environnement, du social et du sociétal.
Comme ce n’est pas un métier mature (voir ci-dessous), il y a encore beaucoup à construire. Il y a la place pour porter des idées nouvelles et innover que ce soit sur les modèles d’analyse ou les critères pertinents.
La reconnaissance des pairs ou clients est encourageante. Lorsque votre travail est remarqué dans une broker review (système d’évaluation des brokers par les clients) ou par une institution, cela démontre que votre engagement porte ses fruits. J’ai par exemple été récompensé par le Farsight Award 2012 pour mes travaux sur le secteur Luxury Goods.
Enfin, le métier est en accord avec certaines de mes valeurs personnelles, notamment l’éthique.
Points négatifs :L’analyse extrafinancière a débuté réellement dans les années 90. On ne peut pas encore considérer que c’est un métier mature... Je vois quelques limites à son exercice aujourd’hui.
La « matière disponible ». Le reporting des entreprises est encore insuffisant pour faire le lien entre la performance économique et la performance extrafinancière. Les entreprises devraient donner du sens à leur reporting et ne pas uniquement se conformer à une règlementation ou un référentiel volontaire. Mais le processus de progrès est engagé.
Les moyens. Si un analyste financier suit 6 à 8 valeurs en moyenne sur un seul secteur, un analyste extrafinancier doit produire de 60 à 80 analyses par an, soit 3 jours par entreprise, et en général sur plusieurs secteurs. Il y a donc une réelle pression sur la production. Un analyste extrafinancier fait rarement des « field trip » ! La rencontre des entreprises devrait être systématisée.
La vision moyen et long terme. Le développement durable ne peut s’affranchir d’une vision prospective et d’une prise en compte de ce que l’on nomme les « mégas trends » (augmentation de la population, vieillissement dans les pays matures, changement climatique, pression sur les ressources, etc.). Les analyses actuelles sont principalement rétrospectives… Et tiennent peu compte de la stratégie, du moyen et du long terme.
Le fonctionnement en « tuyaux d’orgue ». Les analyses extrafinancières sont le plus souvent déconnectées de l’analyse financière. Par exemple, une agence va bien noter une entreprise qui est en fort risque de restructuration. Et nous savons que, hélas, les plans sociaux sont rarement réalisés de manière exemplaire... Ils démontrent souvent une incapacité à innover, à anticiper ou un défaut de stratégie. Les performances sont indissociables. Comme les créations de valeurs. Dans une analyse de la valorisation des entreprises, les critères extrafinanciers expliquent une partie de la survaleur par rapport à la seule valeur des actifs corporels, financiers, incorporels figurant au bilan ou dans une analyse classique DCF. Les exemples sont légions d’une forte dépréciation du cours de bourse d’entreprises sur la base d’événements négatifs sur des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance…
La transparence. Les modèles d’analyses quels qu’ils soient, doivent être connus, de même que les critères, les pondérations par critères, les échelles des performances retenues. Le plus souvent, c’est encore « une boite noire ». Faire une analyse extrafinancière, c’est nécessairement avoir des partis-pris et des représentations qu’ils soient culturels (les Anglo-saxons surpondèrent la gouvernance, les pays nordiques l’éthique, les Allemands l’environnement, les Français le social). C’est faire des choix de critères : tous les critères de l’ISO 26000 ? Des critères spécifiques au secteur ? À l’entreprise ? C’est faire des choix de pondération pour une notation finale. Avez-vous déjà rencontré deux personnes qui aient la même définition du développement durable ou de la responsabilité sociétale des entreprises ? Seule la transparence des modèles est de nature à renforcer la confiance dans l’analyse extrafinancière.
Démontrer de manière indiscutable la corrélation entre performances financière et extrafinancière. Vaste sujet, car il n’y a pas de consensus du marché. Les investisseurs s’entendent généralement pour dire que la prise en compte des risques extrafinanciers réduit les risques d’investissement. Les travaux de Matthieu Glachant (Mines ParisTech) montrent une corrélation avec effet légèrement positif de l’engagement dans la responsabilité sociétale. Et vous trouvez des dizaines d’études qui démontrent l’inverse (pas d’effet de la performance extrafinancière sur la performance financière) et le contraire…
Mais quand on y réfléchit, toutes ses limites sont autant de terrain d’expression, de réflexion, de méthodes, d’innovation et de développements.
Qualités requises pour réussir dans ce métier :Capacité d’analyse et de synthèse sur la base d’une information fragmentée avec un volume considérable. Conviction. Engagement. Et surtout rigueur intellectuelle. Il faut aussi de mon point de vue savoir se remettre en question et éviter la pensée unique.
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Idéalement, il faut avoir une double formation, à la fois en management ou finance et en développement durable ou environnement/social. La pratique courante de l’anglais est indispensable. Pour rentrer dans le métier, un stage de fin d’études est sans doute le moyen le plus approprié.
Philippe Cornet est aujourd’hui consultant formateur indépendant en RSE, expert du reporting extrafinancier interne et externe. Il conseille le management avec une approche orientée business, fondée sur la matérialité des enjeux et le management des risques ESG. Il intervient auprès d’organismes de formation tels qu’AFNOR Compétences.
Contact : jobphilippecornet@free.fr voir son parcours sur www.philippe-cornet.com et le rejoindre sur le réseau LinkedIn http://fr.linkedin.com/in/philippecornet
Cornet
Je pense que les compétences développées en tant qu’analyste ISR sont difficiles à valoriser ailleursMa carrière :Je suis analyste ISR depuis 4 ans. C’est mon premier poste, j’ai été recruté à la suite d’un stage de fin d’études.
Ma formation :J’ai fait des études généralistes : Institut d’Etudes Politiques (section Economie et finances) et Master 2 en Affaires internationales dans une université parisienne.
Mon métier :Ma mission principale est l’analyse ISR ; autrement dit je dois évaluer les performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des entreprises. L’avis donné par l’équipe est ensuite utilisé par les gérants de portefeuille, qui doivent en tenir compte dans leurs décisions d’investissement. L’analyse ISR passe notamment par des rencontres avec les dirigeants ou les responsables Développement durable des entreprises, par la consultation des ONG et des syndicats, etc.
L’équipe ISR fait aussi de la communication autour des produits ISR : reporting sur les produits, présentations auprès de conseillers clientèle, etc. L’objectif est de faire connaître l’ISR et de montrer aux clients en quoi les produits ISR peuvent apporter une valeur ajoutée par rapport à des produits d’investissement classiques.
L’équipe ISR participe par ailleurs à l’exercice des droits de vote aux assemblées générales des sociétés dont nous sommes actionnaires. C’est une mission confiée aux analystes ISR notamment en raison de l’expérience acquise sur les enjeux de gouvernance.
Attraits du métier :- La diversité des missions. L’équipe dans laquelle je travaille n’est pas grande : nous touchons donc à beaucoup de sujets différents, d’autant plus que l’ISR ne fait pas encore partie des meubles et que beaucoup de choses sont à construire.
- La possibilité de dialoguer avec les entreprises.
- Le sentiment d’être utile. On a l’impression de contribuer à faire évoluer certaines pratiques, même si c’est difficile à mesurer.Points négatifs :Peut-être le fait que c’est un métier encore récent, peu connu et peu technique. Je pense que les compétences développées en tant qu’analyste ISR sont difficiles à valoriser ailleurs.
Qualités requises pour réussir dans ce métier :Une sensibilité forte au développement durable, de la curiosité, de la motivation.
Conseil à donner aux candidats intéressés par ce type de carrière :Essayez de rencontrer des analystes ISR pour vous faire un avis.
Anonyme