Et si les banques continuaient à faire rêver…
Dans un contexte où les jeunes générations s’interrogent de plus en plus sur le sens de leur travail, l’attractivité des métiers de la banque et en particulier de l’activité de réseau fait question. Il faut dire que, malgré les changements importants qui touchent le secteur (fusion de réseaux, fermetures d’agences, numérisation des services, développement des néobanques…), les besoins en recrutements restent massifs avec plus de 40 000 salariés recrutés en moyenne par an, ce qui place la banque au rang des premiers pourvoyeurs d’emplois en France avec plus de 350 000 salariés selon la Fédération Bancaire Française (FBF).
Des salaires en banque de réseau trop bas ?
L’une des raisons souvent avancées pour expliquer les difficultés de recrutement en banque est le manque d’attractivité des salaires proposés par les groupes. Dans le journal Le Parisien, Nicolas, 56 ans, conseiller de clientèle dans les Yvelines, témoigne de ses difficultés à boucler son budget avec un salaire mensuel de 2160 euros nets par mois. Sa position de banquier lui donne un avantage évident : il peut comparer sa rémunération avec celle de ses clients. Son constat est sans appel : « j’ai beaucoup de clients qui gagnent plus que moi : aujourd’hui, il vaut mieux être boulanger ou chauffeur de bus », estime-t-il. Il est vrai qu’avec un niveau bac +2/3 ou bac +4/5, ce niveau de salaire peut laisser sur sa faim. Pourtant, si on compare la situation de Nicolas avec d’autres métiers d’agence bancaire à niveau d’expérience comparable, soit plus de 10 ans, on constate que la banque de réseau peut offrir des salaires plus que confortables, contrairement aux idées reçues. Selon la dernière étude sur les salaires publiée par le cabinet de recrutement Michael Page en 2023, un directeur d’agence (7 à 12 personnes en moyenne) peut espérer une rémunération annuelle brute de plus de 55 K€, un conseiller clientèle professionnels entre 45 et 50K€, un chargé d’affaires entreprises de plus 60K€, un chargé d’affaires grandes entreprises de plus de 70K€… La banque de détail peut ainsi offrir des salaires attractifs, en particulier pour les profils qui s’orientent vers la clientèle professionnelle ou entreprises.
L’évolution des métiers bancaires à l’horizon 2025
La perte d’attractivité du secteur s’explique également par les nombreux changements que connait l’activité bancaire depuis 20 ans sous l’influence du numérique. La disponibilité de l’information semble en effet diminuer la capacité de conseil du banquier face à des clients de plus en plus avertis sur les produits d’emprunt, d’épargne ou de placements. On peut ajouter à cela une charge de travail accrue des conseillers, contraints de s’adapter à de nombreuses réglementations financières. La simple signature d’un crédit demande aujourd’hui de suivre un long et laborieux protocole dans un logiciel.
Dans ce contexte de profonds changements, les métiers sont en phase de réinvention, une période incertaine qui n’aide pas forcément les futures recrues à se projeter. Une étude réalisée par l’Observatoire des métiers de la banque en 2018 a étudié les transformations des métiers à l’horizon 2025. Peu de métiers bancaires vont disparaitre. En revanche, nombre d’entre eux vont se transformer avec une expertise renforcée. De nouveaux métiers vont émerger et prendre une importance capitale comme ceux liés à la data et la gestion de projets. Parmi les futurs métiers cités dans l’étude, on peut retenir expert en mégadonnées, chargé de sécurité des données, animateur risque et conformité ou encore accompagnateur du changement.
Devant les bouleversements à venir et les défis à relever, les banques vont devoir offrir d’excellentes conditions de travail respectant l’équilibre de vie de leurs salariés et communiquer sur les conditions de travail offertes pour continuer à attirer de nouvelles recrues.
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