Pourquoi vous devriez vous former à la finance quantique
Avec une centaine d'acteurs en France, les technologies quantiques représentent aujourd'hui tous secteurs confondus quelques 3.000 emplois tandis que 2.000 recrutements au minimum sont à prévoir dans les 3 à 5 ans, relève le cabinet indépendant de conseil et d'études KYU Associés dans son dernier rapport sur les besoins en compétences, emploi et formation relatifs aux technologies quantiques. C'est donc le bon moment pour se former à cette nouvelle technologie aux débouchés prometteurs dans le monde de la finance.
« La finance est un grand domaine d’application des algorithmes quantiques. Les banques doivent optimiser de nombreuses facettes de leurs activités, notamment celles de la gestion de leurs portefeuilles, des risques de change, des produits dérivés, etc. L’optimisation d’actifs est ainsi la principale application imaginée pour les technologies quantiques. Les banques ont également besoin de détecter au plus près les risques de fraudes, ce que permet de faire l’informatique quantique », relèvent les auteurs du rapport.
Startups et banques à la manœuvre
Les plus gros recruteurs sur le marché des technologies quantiques sont les startups, avec environ 500 recrutements de prévus d'ici 3 à 5 ans. Ainsi, la startup française Pasqal, qui a levé 100 M€ en début d'année, prévoit d’étendre son implantation internationale et passer de 100 à 200 collaborateurs dans les prochains mois. A noter que Pasqal a récemment rendu publiques ses recherches menées avec Crédit Agricole CIB montrant que sa technologie est déjà capable de résoudre des problèmes d’optimisation financière complexes aussi rapidement que des supercalculateurs classiques.
« L’informatique quantique est radicalement différente de tout ce que nous connaissons et utilisons aujourd’hui, en termes de théorie, de matériel et d’algorithmes. De nombreuses compétences différentes seront réunies : banquiers, physiciens, mathématiciens, informaticiens, architectes informatiques, tous coopérant à ce projet ambitieux », rappelait dès la genèse du projet Ali El Hamidi, Sponsor du projet au sein de CACIB.
« Des banques commencent à structurer des équipes dont l’objectif est de préparer leurs collaborateurs à la future utilisation des technologies quantiques. Ces dernières emploient essentiellement des experts quantiques, souvent spécialisés sur des problématiques métiers telles que la finance. On estime que le nombre de personnes dédiées au quantique pour ces acteurs est compris entre 50 et 100 personnes », poursuivent les auteurs du rapport de KYU Associés.
Les cabinets conseils sur le qui-vive
Environ 50 recrutements sont également à prévoir d'ici 3 à 5 ans dans les cabinets de conseil en stratégie afin de développer de petites équipes de consultants dédiées à l’application des technologies quantiques. Les cabinets seront amenés à recruter des consultants se spécialisant dans des domaines d’application particuliers et développant des compétences transverses, entre le développement logiciel et les compétences métiers.
Les Big Four se positionnent également, à l'image de Deloitte qui, à travers son offre Transition Cyber Post-Quantique, propose aux entrepreneurs une large gamme de services pour les aider à naviguer les possibilités et les incertitudes de l’ère quantique tout en protégeant leur entreprise.
Où se former ?
Compte tenu de la non-maturité technique et commerciale des technologies quantiques, les formations restent peu nombreuses. On en compte une trentaine réparties entre des formations dédiées au quantique, des mentions relatives au quantique et des formations intégrant des cours relatifs au quantique. A cela vient s'ajouter une offre de formation continue dominée par les écoles d’ingénieurs et les universités.
Vous pourriez ainsi tenter de passer le Diplôme ARTeQ (année de recherche en technologie quantique) de l’ENS Paris-Saclay qui forme une soixantaine d’étudiants par an. A moins que vous ne préfériez viser le Parcours Sciences et technologies quantiques de l’Ecole Polytechnique de Paris, la Majeure Quantum du cycle d’ingénieur de l’EPITA ou bien le Master Ingénierie quantique de l’université PSL de Paris, pour ne citer qu'eux.
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