« L’Executive Master Marchés des capitaux est une formation à mission »

Publié le 15/04/2025

L’Executive Master Marchés des capitaux est une formation unique proposée par l’Université Paris Dauphine - PSL, en partenariat avec l’IFC*, qui a pour objectif de former des régulateurs des marchés financiers dans les pays émergents. Rencontre avec Serge Darolles, responsable du programme et professeur de finance à l’Université Paris Dauphine - PSL, où il enseigne l’économétrie de la finance et la finance empirique depuis 2012.

L’Executive Master Marchés des capitaux est une formation unique proposée par l’Université Paris Dauphine - PSL, en partenariat avec l’IFC*, qui a pour objectif de former des régulateurs des marchés financiers dans les pays émergents. Rencontre avec Serge Darolles, responsable du programme et professeur de finance à l’Université Paris Dauphine - PSL, où il enseigne l’économétrie de la finance et la finance empirique depuis 2012.

Est-ce que vous pouvez nous présenter l’Executive Master Marchés des capitaux de l’Université Paris Dauphine - PSL ?

Il y a 5 ans, l’IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, s'est rapproché d'Europlace et a sélectionné l’Université Paris Dauphine - PSL pour créer une formation diplômante sur les marchés de capitaux à destination des cadres des Ministères des finances, des banques centrales, et des autorités de marchés des pays émergents francophones. Ce programme a pour objectif de former les régulateurs de ces pays afin de favoriser le développement des marchés financiers et de permettre aux acteurs privés d’accéder à de nouvelles sources de financement. On peut dire que l’Executive Master Marchés des capitaux est une formation à mission. Nous recrutons cette année notre cinquième promotion. Cette formation existe aussi aux Etats-Unis. Elle a été créée il y a dix ans, en partenariat avec l’Université de Washington.

Quel est le rôle de vos partenaires, IFC et Paris Europlace, dans cette formation ?

Depuis la création du programme, nous sommes avec notre partenaire IFC dans une logique de co-construction du cursus. Nous avons souhaité tirer parti de leur expérience à Washington pour penser et concevoir la formation que nous proposons aujourd’hui aux étudiants. Ce partenariat nous permet également de participer à de nombreux événements organisés par IFC. Cette année par exemple, nous participerons à une « retreat » qui réunira les anciens diplômés des programmes de Washington et de Paris pour quatre jours d’échanges en Tanzanie. Ce sera l’occasion pour eux de partager leur expérience depuis leur retour dans leur institution d’origine et d’échanger sur les bonnes pratiques qu’ils ont pu mettre en œuvre pour accompagner le développement des marchés financiers.

Quels sont les critères d’admission au programme et comment sont sélectionnés les candidats ?

Les candidats doivent être originaire des pays concernés par le programme. Grâce à notre partenariat avec l’IFC et la Banque mondiale, qui disposent de bureaux dans chacun de ces pays, ainsi que des représentant locaux, et de liens étroits avec les ministères et les banques centrales, nous sommes en mesure de présélectionner les participants. Chaque année, nous recevons une quarantaine de candidatures, parmi lesquelles une vingtaine sont retenues. Les candidats ont en moyenne entre 8 et 10 ans d’expérience dans la fonction publique. Ils occupent généralement des fonctions de supervision bancaire ou travaillent sur les marchés financiers notamment dans le domaine de l’émission de dette. Ils disposent donc une solide expérience de terrain. Nous cherchons à identifier des cadres avec un fort potentiel, très motivés. Nous attendons un engagement personnel important de leur part. Les participants viennent étudier en France de septembre à juin et doivent pouvoir se consacrer à 100% à leur formation.

Quels sont les principaux cours et les spécificités du programme ?

Le programme s’articule autour de quatre blocs fondamentaux de 48 heures qui couvrent à la fois le volet émission et le volet investissement. L’objectif est de fournir aux participants les bases en finance d’entreprise et finance de marché. La formation vise à transmettre aux participants une vision et une culture globale des marchés financiers pour leur permettre de concevoir des solutions sur-mesure, adaptées aux problématiques propres à leur pays d’origine, sans dépendre systématiquement de cabinets de conseils externes. Sur le premier volet, nous cherchons à les familiariser à la finance d’entreprise. C’est un enjeu essentiel dans une perspective de développement des marchés financiers. Comprendre comment une entreprise utilise les instruments financiers pour se financer et accélérer son développement est fondamental. Ce cours est assuré par Edith Ginglinger, qui est professeur de Corporate Finance à Dauphine et en charge de cet enseignement pour le M1 Finance. Sur le volet investissement, nous proposons un cours dédié aux Instruments et marchés financiers qui permet aux participants de comprendre le fonctionnement de la bourse. Ce module est animé par Fabrice Riva, qui intervient lui aussi dans le M1 Finance. J’enseigne pour ma part un cours d’analyse quantitative, destiné à former les étudiants à l’exploitation et à l’utilisation des données générés par les marchés financiers. Par exemple ils apprennent à calculer le risque d’un actif sur un marché. Le programme comprend également un module consacré à la macro finance enseignée par Anne Epaulard, professeure d’économie et qui a travaillé précédemment au FMI.

Pourquoi avoir intégré un module thématique Fintech ?

Nous avons en effet décidé, il y a un an, en concertation avec notre partenaire, d’ajouter un module thématique consacré aux Fintech et à l’ESG. Le cours de Fintech est dispensé par un professionnel du rating, fondateur de la société Beyond Ratings ainsi que par Hervé Alexandre, responsable de la chaire Fintech à l’Université Paris Dauphine - PSL et du Parcours impact et technologie (224) du Master Finance. Le module aborde des sujets variés tels que la blockchain, le crowdfunding ou encore le crowdlending. Le volet ESG est assuré par Edith Ginglinger, qui s’intéresse particulièrement à l’impact de l’ESG sur le reporting des entreprises. Nous avons la chance à l’Université Paris Dauphine - PSL de pouvoir nous appuyer sur des spécialistes dans ces domaines.

Quelle est la durée du stage et comment est-il intégré au cursus ?

Le stage constitue une étape essentielle du programme. Il a pour objectif de permettre aux étudiants de découvrir le fonctionnement des grandes institutions financières. Ils effectuent leurs stages à la Banque Centrale, chez BNP Paribas, Amundi…Il est important qu’ils acquièrent une bonne compréhension de l’organisation interne de ces établissements, car ce sont souvent avec ces interlocuteurs qu’ils seront amenés à collaborer une fois de retour dans leur pays.

Que deviennent les diplômés du programme ?

Après la formation, les diplômés réintègrent leur institution d’origine. Ils s’engagent à y rester au minimum deux ans. Au terme de cette période, ils sont libres d’aller voir ailleurs si leur institution ne leur propose pas d’évolution correspondant à leur nouveau statut.

* IFC (International Finance Corporation), membre du Groupe de la Banque mondiale, est la principale institution de développement axée le secteur privé dans les pays émergents.

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