La place financière de Paris toujours attractive pour faire carrière ?

Publié le 07/05/2025

Vous êtes jeune diplômé et voulez savoir si Paris soutient la comparaison avec les autres places financières au niveau mondial ? Le think tank londonien Z/Yen Group et le China Development Institute viennent de publier la 37ème édition du Global Financial Centres Index qui classe les places financières dans le monde par secteurs d'activité.

Vous êtes jeune diplômé et voulez savoir si Paris soutient la comparaison avec les autres places financières au niveau mondial ? Le think tank londonien Z/Yen Group et le China Development Institute viennent de publier la 37ème édition du Global Financial Centres Index qui classe les places financières dans le monde par secteurs d'activité.

Certes, Paris qui se classe au 17ème rang mondial, n'arrive que loin derrière le trio de tête composé de New York, Londres et Hong Kong. La capitale française se situe derrière Genève (15ème) et Luxembourg (16ème) et juste devant Amsterdam (18ème). Pourtant, de l'avis des recruteurs, Paris ne manque pas d'atouts pour faire carrière dans la finance.

Des opportunités variées

« La place parisienne continue à offrir de nombreuses opportunités, tant côté front office que dans les fonctions supports. En gestion d'actifs, notamment dans les investissements alternatifs et la gestion privée, ainsi qu'en financements (côté emprunteurs comme investisseurs) avec un prisme ESG, les opportunités existent » relève Denis Marcadet, fondateur du cabinet de chasse parisien Vendôme Associés spécialisé dans les métiers de la finance dans son dernier Baromètre Métiers du printemps 2025.

« De plus, une reprise modérée du marché immobilier est en cours, et l’innovation technologique, notamment l’intelligence artificielle, continue de transformer les métiers de chaque secteur dans leurs processus et prises de décisions. Enfin, il existe des besoins réguliers dans les fonctions financières en entreprises, particulièrement dans celles détenues par des fonds d’investissement, avec une attention particulière pour les DFT témoignant d’une véritable exposition aux opérations », poursuit-il.

Paris distancée par Londres...

À l’échelle européenne, Londres conserve sa position de leader, suivie de Francfort (2e) et Dublin (3e). Le top 5 est complété par Genève (4e) et Luxembourg (5e), toujours devant Paris et Amsterdam. « Au début de 2025, Paris, qui s’était affirmée comme l’un des centres financiers les plus attractifs en Europe continentale après la mise en place du Brexit, suscite désormais des craintes croissantes chez les investisseurs étrangers », déplore Denis Marcadet.

D'après lui, les récents bouleversements politiques – initiés par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, l’instabilité avec deux gouvernements successifs, et les incertitudes budgétaires et fiscales qui en découlent – remettent en question le statut de Paris comme place privilégiée en tant qu’alternative à Londres.

… n'a cependant pas dit son dernier mot

Alors que, jusqu’à récemment, la nette surperformance des marchés américains en 2024 par rapport aux marchés européens renforçait les doutes des investisseurs quant à la capacité de l’Europe à résister à l’attraction exercée par Wall Street, la situation a évolué. L’écart de performance relative s’est significativement réduit, et les marchés européens commencent à rivaliser, portés notamment par les changements politiques en Allemagne et la prise de distance militaire entre les États-Unis et l’Europe.

Cette dynamique pousse désormais certains gestionnaires d’actifs et institutions à réorienter une partie de leurs capitaux vers l’Europe, au détriment des marchés américains. Certaines banques d’investissement anglo-saxonnes, qui avaient commencé à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance locale, qu’il s’agisse de nouvelles implantations ou d’extensions d’équipes - réévaluent désormais leur position. « Cette inflexion pourrait de nouveau jouer en faveur de Paris, à condition toutefois que les tensions politiques, économiques et, surtout, fiscales ne s’aggravent pas », conclut Denis Marcadet.

 

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