Le CSE, atout maître pour attirer et garder les collaborateurs

Publié le 12/12/2025

Dans un contexte marqué par l’inflation, la quête d’un meilleur équilibre vie professionnelle-vie personnelle et une concurrence accrue entre employeurs, les avantages sociaux, et notamment les activités sociales et culturelles (ASC) des CSE, deviennent un levier clé d’attractivité et de pouvoir d’achat. Selon une étude publiée par Glassdoor, 60 % des candidats déclarent accorder une grande importance aux avantages proposés par l'entreprise.

Dans un contexte marqué par l’inflation, la quête d’un meilleur équilibre vie professionnelle-vie personnelle et une concurrence accrue entre employeurs, les avantages sociaux, et notamment les activités sociales et culturelles (ASC) des CSE, deviennent un levier clé d’attractivité et de pouvoir d’achat. Selon une étude publiée par Glassdoor, 60 % des candidats déclarent accorder une grande importance aux avantages proposés par l'entreprise.

Concrètement, comment les CSE s’adaptent-ils à ces nouvelles attentes ? Nous avons interrogé Julien Nury, secrétaire du CSE chez Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, Emeric Papouin, secrétaire du CSE de BNP Paribas Cardif, et Lucie Gaillot, coordinatrice du CSE de l’Hôpital Foch, pour éclairer les grandes tendances et les défis auxquels ils sont confrontés.

Première mission : redonner du pouvoir d’achat

« La question des avantages est posée dès les entretiens », constate Lucie Gaillot à l’Hôpital Foch. Les RH la sollicitent désormais en amont pour disposer d’un support détaillant les prestations du CSE à l’attention des candidats.

Même constat côté banque : chez Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, les services RH mettent très régulièrement en avant intéressement, participation, mais aussi les œuvres sociales du CSE dans le « package » présenté aux candidats, explique Julien Nury. Dans un contexte où l’inflation érode les revenus, les activités sociales et culturelles deviennent une composante à part entière de la rémunération globale.

Chèques-vacances, chèques cadeaux, subventions de rentrée scolaire, aides à la naissance, participation au sport ou aux activités artistiques, ainsi qu’aux colonies de vacances des enfants, tout est pensé pour soulager le budget du foyer. « Certains candidats savent qu’ils ne pourront pas négocier davantage de fixe mais comptent clairement sur la participation du CSE pour leurs loisirs et leurs vacances », résume Lucie Gaillot.

Les CSE proposent plusieurs types de prestations : celles où les niveaux de remboursement sont les mêmes pour tous, par souci d’équité, et celles qui varient selon les coefficients familiaux. « Cela s’inscrit dans notre vocation sociale », précise Julien Nury.

La liberté de choix et l’innovation : les piliers des CSE

Dotés de près de 5 milliards d’euros par an en France, les CSE cherchent avant tout à répondre aux attentes du plus grand nombre. Deux tendances dominent : élargir le choix des salariés et faire monter en gamme certaines offres.

Chez BNP Paribas Cardif, l’offre, organisée autour de trois pôles : voyages, famille, sport-loisirs-culture, évolue vers des formats plus flexibles. Voyages de 3 à 12 jours, séjours « familles » ou non, possibilité de partir seul ou en groupe : l’objectif est d’élargir les usages. La billetterie événementielle s’est également renforcée, des grands concerts aux événements sportifs.

A la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, le CSE mise sur la liberté de choix. « La billetterie, qui représente 28 % du budget, est l’activité qui fonctionne le mieux, avec 50 % de remboursement pour tous dans la limite d’une enveloppe », explique Julien Nury. Concert de rap, expo, parc d’attractions ou match de foot : à chacun sa définition de la culture. L’activité « voyages organisés » est plus minoritaire (8 % du budget). La prestation vacances en liberté (23% du budget) repose également sur le principe de remboursement plafonné.

Un autre levier de différenciation réside dans la montée en gamme de certaines prestations : par exemple des week-ends exclusifs et privatisation du Jardin d’Acclimatation chez BNP Paribas Cardif, visites du Conseil d’État avec un conférencier dédié pour l’hôpital Foch, accès privilégié à des concerts de renom et week-ends gastronomiques pour la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes… Les CSE rivalisent d’inventivité pour étonner et faire plaisir.

L’équilibre vie pro / vie perso et la qualité de vie au travail comme fil conducteur

Au-delà du budget, les dispositifs des CSE sont aussi des outils concrets d’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. « Une nouvelle génération de salariés souhaite continuer des activités extra-travail et nous demande si le CSE peut participer », observe Lucie Gaillot. Une subvention pour une salle de sport ou un atelier de peinture peut permettre de se faire du bien et de revenir au travail en forme.

Emeric Papouin voit aussi les activités comme un levier pour recréer du lien avec l’entreprise, après la généralisation du télétravail : pièces de théâtre, conférences sur site à l’heure du déjeuner, ventes-expo quotidiennes. Venir au bureau doit avoir une vraie valeur ajoutée. Des intervenants comme Fabien Olicard ou Karim Duval ont ainsi été programmés.

Une contrainte : contenter le plus grand nombre

Avec des publics très hétérogènes, le principal défi des CSE reste de faire plaisir à tout le monde et de maintenir l’équité. « Contenter 3 000 salariés, avec des situations familiales, des âges et des territoires différents, c’est extrêmement complexe », résume Julien Nury. À la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, la prise en charge directe d’activités et la dématérialisation des cartes cadeaux, chèques-vacances et crédits culture s’est imposée comme une évidence.

Même logique chez BNP Paribas Cardif, où les équipes s’efforcent de proposer des offres équivalentes sur l’ensemble des implantations.

Pour rester en phase avec les attentes, les dispositifs sont en permanence ajustés. « Ce qui n’est pas utilisé, on ne le reconduit pas », souligne Julien Nury. D’où une communication devenue stratégique : newsletters, notifications et suivi des taux d’utilisation permettent d’orienter les choix et d’ajuster chaque ligne budgétaire. Les décisions se construisent en continu avec les salariés.

Mais l’équilibre reste fragile. Une personne seule par exemple peut bénéficier du même forfait billetterie qu’une famille avec enfants. Entre vocation sociale et exigence d’équité, les CSE avancent en permanence sur une ligne de crête.

Innover sous contrainte budgétaire

Enfin, reste l’exercice d’équilibriste entre innovation et contraintes financières. « Le budget n’augmente pas, mais le coût de tout ce qu’on achète augmente », rappelle Lucie Gaillot.

Chez BNP Paribas Cardif, Emeric Papouin plaide malgré tout pour l’audace : « Quand on choisit une nouvelle activité, je dis aux équipes : surtout ne vous mettez aucune limite au départ, l’argent viendra suffisamment tôt dans la discussion. L’enjeu, c’est de continuer à faire rêver ». Cette tension permanente entre ambition et arbitrage est devenue le quotidien des CSE.

Les tendances à venir : dématérialisation et flexibilité

Pour les CSE, l’avenir est clairement numérique. L’enjeu n’est plus seulement de proposer des prestations, mais de permettre aux salariés de choisir librement leurs usages, via des plateformes, plutôt que de dépendre de catalogues figés. Après une génération attachée aux voyages « clés en main », de nombreux salariés revendiquent l’autonomie et la liberté de partir seuls. Entre encadrement et liberté, les CSE doivent désormais composer avec des attentes contradictoires et repenser leur rôle : moins prescripteur, plus facilitateur. Cette transformation est déjà bien engagée sur le terrain.

Enfin, au-delà des outils, le rôle du CSE reste profondément humain. « Aujourd’hui, il occupe une place centrale dans la vie des salariés », rappelle Lucie Gaillot. Des aides symboliques comme la subvention donnée pour la médaille du travail illustrent cette continuité entre modernisation des usages et dimension sociale historique.

 

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